Durée d’un traitement à la cortisone : de 5 jours à plusieurs mois

La durée d’un traitement à la cortisone dépend de la maladie : une cure courte dure le plus souvent quelques jours à une dizaine de jours (asthme, bronchite chronique, allergie, poussée inflammatoire), alors qu’un traitement de fond peut se prolonger des mois, voire des années, dans les maladies inflammatoires chroniques. Au-delà de quelques semaines, l’arrêt se fait par paliers. C’est toujours le médecin qui fixe la durée et le moment de l’arrêt.

Cure courte de cortisone : combien de jours en général

Une cure courte sert à calmer une poussée aiguë. Elle s’étend en général de quelques jours à une ou deux semaines, selon la maladie et la réponse du patient.

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Dans les exacerbations de BPCO, un essai cité par le Centre belge d’information pharmacothérapeutique a comparé 5 et 14 jours de prednisone à 40 mg par jour. Cinq jours se sont montrés aussi efficaces que quatorze : une nouvelle exacerbation est survenue chez 35,9 % des patients du premier groupe et 36,8 % du second.

Cette comparaison concerne une maladie précise. Elle ne permet pas de raccourcir seul une ordonnance : la durée prescrite reste celle à suivre.

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Traitement prolongé : à partir de quand parle-t-on de corticothérapie au long cours

Le livret d’information de la filière FAI2R définit la corticothérapie au long cours par plus de 3 mois consécutifs de corticoïdes. Elle concerne des maladies comme la polyarthrite, la maladie de Horton ou certaines maladies inflammatoires de l’intestin.

Le médecin cherche alors la dose la plus basse qui contrôle la maladie, puis la réduit dès que possible. Prendre de la cortisone « à vie » n’est donc pas un objectif : dans certaines maladies chroniques, un traitement très long reste pourtant nécessaire, avec une surveillance régulière.

Bureau de médecin avec ordonnance et calendrier lors d'une consultation

Dose de cortisone et durée : ce que la dose change

Un traitement commence souvent par une dose d’attaque, puis la dose diminue par paliers. Plus la dose de départ est élevée, plus la phase de décroissance est lente.

Vidal situe la dose physiologique, celle que le corps produit seul, autour de 5 mg par jour d’équivalent prednisone. Les doses de 40 mg ou de 60 mg par jour relèvent donc de traitements d’attaque, prescrits sur une durée limitée et suivis de près.

Savoir si une dose précise est élevée pour vous relève du médecin, qui tient compte de la maladie, du poids et de la durée prévue.

Arrêter la cortisone : brutalement ou progressivement

Pendant un traitement, les glandes surrénales se mettent au repos, puisque le comprimé remplace la cortisone qu’elles fabriquent. À l’arrêt, elles ont besoin d’un temps d’adaptation.

Le Centre belge d’information pharmacothérapeutique indique qu’une prise de prednisolone à 40 mg par jour pendant 3 semaines au maximum peut en principe s’arrêter sans décroissance. Une décroissance reste à envisager au-delà de 40 mg par jour, ou si le patient a déjà pris des corticoïdes souvent ou longtemps dans l’année précédente.

Après des mois de traitement, le risque est plus net : Vidal parle d’un risque d’insuffisance surrénalienne aiguë majeur au-delà de 3 mois. Un arrêt brutal sans avis médical est donc à proscrire.

Effets indésirables de la cortisone selon la durée

Pendant une cure courte, les désagréments les plus fréquents sont l’appétit accru, la fatigue, l’humeur changeante et un sommeil perturbé. Une cure prise le soir aggrave souvent l’insomnie, d’où l’intérêt d’une prise le matin, comme l’indique le livret FAI2R. Pour les nuits difficiles, le traitement des troubles du sommeil propose des pistes complémentaires.

La glycémie peut monter, ce qui demande de la vigilance en cas de diabète. La cortisone retient aussi l’eau et le sel : en cas de maladie cardiaque, la prise en charge de l’insuffisance cardiaque rappelle pourquoi l’avis du cardiologue compte.

Au long cours, le livret FAI2R cite l’ostéoporose, le diabète, la prise de poids, la fonte musculaire et les infections. L’hypertension reste rare, avec moins de 10 % des patients touchés. La cicatrisation est aussi ralentie, ce qui complique les escarres qui cicatrisent mal.

Combien de temps la cortisone reste dans le corps après l’arrêt

Le médicament lui-même est éliminé assez vite, en quelques heures à quelques jours après la dernière prise. Ce qui dure davantage est la récupération des surrénales, qui peut prendre plusieurs mois après un long traitement, selon Vidal.

Le visage et le corps gonflés pendant le traitement se dégonflent progressivement. Le livret FAI2R précise que ces modifications sont le plus souvent réversibles dans les 6 mois qui suivent l’arrêt.

Suivi et mesures associées pendant un traitement long

Légumes, verre de lait et chaussures de marche pour un mode de vie équilibré

Le livret FAI2R recommande de couvrir les besoins en calcium (800 à 1 200 mg par jour) et en vitamine D, par l’alimentation d’abord, et de pratiquer une activité physique régulière pour protéger les os. La tension et la glycémie se contrôlent à chaque consultation.

Côté alimentation, il suffit de limiter le sel à environ 5 à 6 g par jour. Un régime sans sel strict n’a pas fait la preuve de son intérêt et peut même être plus nuisible qu’utile. Les sucres rapides se limitent surtout en cas de diabète ou de risque de diabète.

Pour les autres médicaments, mieux vaut demander à son pharmacien. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène sont déconseillés avec les corticoïdes, car ils augmentent le risque de saignement digestif. Un complément pris pendant un traitement demande les mêmes précautions.

Un oubli de comprimé se rattrape plus tard dans la journée, pendant un repas, mais la dose ne se modifie jamais seul. En cas de doute sur la durée ou l’arrêt, l’ordonnance et le médecin prescripteur restent la référence.

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